Description du projet

Textes de Sylvain Levey, Jean-Philippe Ibos et Jean-Claude Grumberg

Mise en scène : Dominique Chevaucher
Interprétation : Bénédicte Lafond, François Patissier, Jérôme Pinel, Philippe Le Goff, Dominique Prunier, Dominique Chevaucher

Création 2010 / Espace Pluriels-Pau. Co-production avec l’association « Les arts improvisés »

La bêtise ordinaire sur fond de petites et grandes misères, de petites et grandes méchancetés et de peur ordinaire qui poussent parfois les gens ordinaires aux pires cruautés…

REPRISE 2020

Dominique CHEVAUCHER, comédienne, metteur en scène et chanteuse, jette un regard sans concession sur une société qu’elle juge propice à l’émergence de la bêtise et de la violence. Il n’y a qu’à regarder la télévision, lire la presse ou simplement observer le monde autour de soi pour constater l’omniprésence de la peur…

Derrière chaque scène de « Petits soucis et grande misère » se terre cette peur : peur de la perte, peur de l’autre, de l’étranger, de l’avenir. Dans un tourbillon que provoquent les rencontres de personnages ordinaires dans des situations banales, la pièce croise des textes de Sylvain Levey, Jean-Philippe Ibos et Jean-Claude Grumberg dont les écritures fa- çonnent un univers à la fois drôle, tragique et décalé.

Petits soucis du quotidien, brefs moments de lâcheté, phrases toutes faites résident sur fond de grande misère, de dénuement, de solitude et de prêt à penser. C’est dans ce climat que naissent les petites méchancetés, une violence tant psychologique que physique mais d’autant plus troublante qu’elle passe souvent inaperçue.

TROIS AUTEURS CONTEMPORAINS … UN SLAMEUR

Jean-Philippe Ibos : Extraits de « Le flot des passants » et « Petites misères, grandes peurs »Sylvain Levey : Extraits de « Enfants de la middle class » et de « Pour rire pour passer le temps »
Jean-Claude Grumberg : Les rouquins, une courte pièce, extrait de « Les autres ».

A ces textes s’ajoutent le slam de Jérôme Pinel et de courts textes écrits par moi-même.Les auteurs n’ont pas écrit spécifiquement sur cette thématique mais la frôlent, la suggè-rent, la dévoilent.

UN MONTAGE …

Le montage est construit comme une partition musicale faisant alterner et se croiser des scènes plus ou moins courtes qui s’enchaînent sur un rythme soutenu. Cette idée de partition s’inspire directement de l’écriture des auteurs : des écritures vives, rythmées, des répliques courtes et qui s’enchaînent du tac au tac, des répétitions, des pauses ou silences.
Ce montage, sans processus narratif ni intrigue, met en espace et en musique :
des moments du quotidien tout à la fois ordinaires et extraordinaires, des tranches de vie, des personnages divers, le plus souvent atemporels, des dialogues, des monologues.

UNE THÉMATIQUE …

Le choix de la thématique vient d’images personnelles fortes, qu’elles émanent de l’enfance ou de mon propre quotidien et de l’observation de notre époque et en particulier l’omnipré- sence de plus en plus forte de la peur. Et il y a bien sûr le coup de cœur pour ces auteurs dont les textes et l’écriture nous plongent dans un univers tout à la fois burlesque, tragique et décalé.

PETITS SOUCIS ET GRANDE MISÈRE …

« Petits soucis » en référence aux petits problèmes quotidiens, petites angoisses, aux petitespeurs … Aux petits moments de riens, aux petits mots lâchés sans réfléchir, aux petits momentsapparemment sans importance…
« Grande misère » en référence à la pauvreté mentale et la bêtise des gens de bonne conscience, au dénuement et à la solitude extrême de certaines personnes ainsi qu’à la misère des gens qui ne comprennent plus la société de surconsommation et de surcompensation dans laquelle ils vivent.

Petits soucis et grande misère car tous ces petits « quelque chose » tissent une société fonctionnant sur la peur, le fantasme et l’hypocrisie, le pouvoir des uns sur les autres. Peur de l’autre, de l’étranger, du voisin, de l’avenir. Peur de ce qui est différent et de ce que l’on ne comprend pas. Peur de soi-même aussi, de ce que l’on pourrait lâcher ou exprimer et que donc on tait. Peur du désordre. Peur qui empêche la parole de circuler, les gens de se parler. Peur qui provoque et entretient la xénophobie … Peur qui déclenche si- lence, agressivité et violence. Peur qui provoque aussi l’isolement, le repli sur soi. Peur entretenue par le pouvoir politique car excellent moyen de domination sur le peuple et favorisée par la société médiatique.

La forme brève des textes choisis permet d’avoir une vision concentrée et contrastée autour de la thématique. Plus que de sketches, il s’agit de tranches de vie, de courts rituels qui prennent appui sur des sujets quotidiens ; c’est la juxtaposition, le croisement, les répétitions de certains rituels, les répétitions de phrases à l’intérieur même des scènes qui amènent à une sorte de monstruosité des rapports humains.
Si les textes présentent un langage et une écriture en prise avec le quotidien et si les situations sont empreintes de comique, leur croisement, leur juxtaposition créent une distance avec les situations réalistes et ouvrent à un espace plus philosophique.

MUSIQUE

La musique tient une part importante d’une part à travers la musicalité même des textes d’autre part par la présence de deux musiciens et d’un slameur. Ces musiciens auront une structure musicale préétablie mais auront un espace d’improvisation permanent.
Tous les textes sont bâtis sur des répliques très courtes qui se répondent du tac au tac. S’il y a silence c’est un silence apparenté au silence en musique.

A partir d’un travail sur cette musicalité des textes, nous créerons des ponts avec la musique qui se jouera en même temps que les textes ou/et en dehors pour dire ce que les mots ne disent pas.

UNE SCÉNOGRAPHIE QUI REPOSE SUR LA LUMIÈRE…

La scénographie se concentre sur la lumière.
Le décor se veut très simple permettant ainsi un pas- sage rapide entre les différentes scènes. Il s’agit de cubes de différentes tailles qui peuvent être dépla- cés facilement et rapidement.
La lumière et le déplacement des cubes jouent sur l’idée de géométrie de l’espace : des lignes, des formes, des dynamiques. Les changements d’espace que ce soit avec la lumière ou le déplacement descubes se font à vue et rapidement afin de coller avecla fulgurance des textes.
La régie lumière est activée directement sur scène. La régisseuse devient comédienne en fonction des scènes.

Des interprètes toujours sur le plateau.
Je parle d’interprètes car les rôles sont décloisonnés, les musiciens et la régisseuse lumière pouvant jouer des personnages.
Les interprètes sont présents en permanence sur la scène. Ils sont là dès l’entrée des spectateurs.

Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la «gestion» d’une paix non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de micro fas- cistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma. Gilles Deleuze (Deux régimes de fous)


D’après des textes de Sylvain Levey, Jean-Philippe Ibos et Jean-Claude Grumberg
Conception et Mise en scène : Dominique Chevaucher
Scénographie : Dominique Chevaucher
Interprétation : Bénédicte Lafond, François Patissier, Jérôme Pinel, Philippe Le Goff, Dominique Prunier, Dominique Chevaucher
Lumières : Dominique Prunier
Musique : Jérôme Pinel (slameur), Philippe Le Goff (musiciens électronique acoustique), Dominique Chevaucher (chant)
Décors : Nicolas Fougères

Galerie